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Rapport d’Activité
adopté
par la Commission Exécutive fédérale du 19 juin 2007
La démocratie sociale a été régulièrement bafouée | L'audiovisuel public au pain sec | Les luttes revendicatives | L' assurance chômage des artistes et des techniciens du spectacle, du cinéma et de l'audiovisuel | La négociation collective | Propriété littéraire et artistique | Education artistique | Notre activité sur les questIons européennes et internationales | Notre influence syndicale | Nos forces organisées, nos instances et notre communication
Depuis le 33ème congrès fédéral de Balaruc-les-Bains des 28, 29 30 et 31 mars 2004, les inégalités
sociales et la pauvreté se sont à nouveau aggravées. Pourtant, en France jamais
le travail n'a créé autant de richesses.
Notre pays compte aujourd'hui 7
millions de pauvre dont près de la moitié sont salariés.
Et même si les statistiques
officielles font état d'une amélioration de l'emploi, le chômage et la précarité
de l'emploi s'accroissent sous l'effet des plans sociaux et des licenciements
individuels.
Le pouvoir d'achat des salariés actifs comme des retraités est
en berne. Avec plus d'1,7 million de salariés qui perçoivent moins que le Salaire
Minimum Interprofessionnel de Croissance (SMIC) et 1,3 million de Rmistes, la
France se distingue parmi les pays développés. Dans la même période la protection
sociale et le droit du travail, les services publics et l'industrie ont été
mis à mal.
Ce constat ne relève pas d'une quelconque fatalité. Il est bien
le résultat des choix économiques et sociaux opérés par le gouvernement Raffarin
et de Villepin, qui, très largement inspirés par le Mouvement des Entreprises
de France (Medef), n'ont cessé d'agir pour favoriser l'accumulation financière
au détriment des besoins sociaux du monde du travail.
Dans le même temps,
les profits des grands groupes et la rémunération des actionnaires ont explosé.
En 2006, les entreprises du système de "Cotation Assistée en Continu"
(CAC 40) ont enregistré un résultat historique en frôlant la barre fatidique
des 100 milliards d'Euros de bénéfices, soit le double du montant enrgistré
en 2000. A cela il faut ajouter les 65 milliards d'Euros d'aides publiques accordées
aux entreprises en 2005 et les 23 milliards d'Euros d'exonérations de cotisations
sociales.
Ces 38 mois ont aussi été marqués par des luttes revendicatives
d'importance, dont celles qui ont obtenu le retrait du Contrat Première Embauche
(CPE) en avril 2006 et qui ont porté notamment sur l'emploi, le pouvoir d'achat,
la protection sociale, les services publics ou les libertés.
Plus près
de nous, il y eu aussi l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République
le 6 mai dernier. Après nous être adressé aux présidentiables nous avons entre
les 2 tours adopté, le 25 avril, en Commission Exécutive Fédérale, une déclaration
dans laquelle nous alertions les salariés de nos secteurs d'activités "sur
le risque qu'à l'issue des élections s'installe un pouvoir totalement acquis
à une vision ultralibérale de la société et de l'économie dont les salariés
et leurs libertés -notamment syndicales- seraient les victimes".
La CGT après avoir rappelé que "les élections
et les électeurs auront l'occasion de s'exprimer lors des élections législatives
des 10 et 17 juin" a, après l'élection de Sarkozy, opportunément souligné que les organisations
patronales Medef et la Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises
(CGPME), s'en réjouissent d'ores et déjà et offrent leur concours à la mise
en œuvre rapide des réformes qu'elles préconisent. Cela confirme la validité
de l'alerte adressée aux salariés par la CGT... "La
campagne a témoigné d'une forte attente de changement, tant dans la société
que dans le monde du travail. La CGT estime que l'élection confirme la vigueur
de ces attentes. Il est légitime qu'elles continuent de s'exprimer au travers
d'actions revendicatives, dans les entreprises, les branches, les territoires"
avant de conclure : "La démocratie ne se réduit
pas à l'expression citoyenne à l'occasion d'une élection. Elle implique que
les grandes décisions économiques et sociales soient soumises à concertation
et négociation. Ainsi la démocratie sociale doit tenir toute sa place, avec
une légitimité reconnue, appuyée sur le droit et les libertés syndicales. La
CGT y veillera".
La démocratie sociale a été régulièrement bafouée...
Au cours du dernier mandat, nous avons eu à connaître toute une série de mesures régressives.
Les entraves à l'exercice du droit syndical -lorsqu'il existe- et aux libertés, dont le droit de grève, se sont accrues avec notamment des contestations à la désisgnation des délégués syndicaux et des sanctions en tout genre à l'égard des élus du personnel.
D'autre part, le procès devant le tribunal correctionnel de Bobigny des 4 de la "Star Ac'" a connu 3 reports les 28 mars et 14 septembre 2006 et puis le 15 mars 2007. Pour mémoire, le 18 octobre 2003, des artistes et des technciens étaient intervenus sur le plateau de la Star Academy pour dénoncer le protocole du 26 juin 2003 sur l'assurance chômage des salariés intermittents du spectacle, du cinéma et de l'audiovisuel. Quatre d'entre eux avaient alors été placés en garde à vue et mis en examen. En définitive, cette affaire sera plaidée devant le tribunal corectionnel de Bobigny le 28septembre prochain.
Il y a eu aussi le procès en diffamation intenté par la Société Civile des Auteurs Multimédia (SCAM) contre 3 auteurs réalisateurs de la SCAM, contre l'association CARDO (Collectif des Auteurs Réalisateurs pour la Défenses des Oeuvres) et contre le Syndicat Français des Réalisateurs CGT. Le SFR-CGT et les 3 auteurs réalisateurs (les 3 secrétaires généraux du syndicat) étaient assignés en tant que directeurs de publication pour avoir diffusé sur le site Internet du syndicat un texte du CARDO qui indiquait que le vote par correspondance en vue des AG du 1er juin 2005 n'avait pas été sécurisé et que la SCAM ne respectait pas la démocratie. CARDO était, quant à lui, poursuivi en tant qu'auteur du texte incriminé. La SCAM qui réclamait aux assignés 102 500 Euros, plus les dépens dont 1 500 Euros sur leurs biens personnels, a finalement été déboutée de toutes ses demandes par la 17ème Chambre du Tribunal de Grande Instance (TGI) de Paris le 15 mai 2006.
L'audiovisuel public au pain sec...
La concentration des média, souvent détenus par des grands groupes industriels et financiers, s'est accélérée sous l'effet des politiques libérales menées en France (et en Europe) et des possibilités offertes par les nouveaux outils numériques. Cela se traduit par une standardisation et une marchandisation croissante des programmes qui menacent le respect des courants d'opinion, des formes d'expressions culturelles et des oeuvres.
Au mépris des besoins en programme et malgré les coûts engendrés par les mutations technologiques liées à la convergence numérique, l'audiovisuel public a té maintenu en situAtion de sous financement. Le montant de la redevance stagnE à 116 Euros par foyer, ce qui place la France dans le peloton de queue des pays en Europe pour le financement de la radio télévision. A cela s'ajoute le remboursement très partiel des exonérations de la redevance décIdé par l'Etat. Dans le même temps, les mesures régressives à l'2gard des sociétés de l'audiovisuel public n'ont pas manqué.
Ce fut d'abord en 2004, la réforme de la redevance qui depuis 2005 est adossée
à la taxe d'habitation et qui est applicable à chaque foyer disposant d'un ou
plusieurs téléviseurs, les résidences secondaires en étant dispensés. Réforme,
qui nous faisait dire le 21 septembre 2004 avec la Fédération CGT des Finances
"Télévisions et radios publiques doivent bénéficier d'une ressource
affectée, sûre et régulière, garantie de leur indépendance financière. Le mode
de financement autonome et spécifique que constitue la redevance doit plus et
mieux organiser le lien entre le service public de l'audiovisuel et l'usager
citoyen. Il s'agit de garantir à moyen terme un financement public suffisant
et de qualité s'appuyant sur une réelle modernisation des missions et des services
de la redevance".
Cette réforme, tant vantée par Bercy, n'ayant
pas donné les résultats annoncés, avait amené certains %inistres dans le gouvernement
Villepin, dont le Ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres, à préconiser
l'élargissement de l'assiette de la redevance pour prendre en compte la dématérialisation
de la réception des programmes
Le 21 septembre 2004, Patrice Martin-Lalande, député de l'Union pour un Mouvement Populaire (UMP) du Loir et Cher et rapporteur spécial des crédits de la communication, présentait à la Commission des finances de l'Assemblée Nationale un rapport sur la convention collective de l'audiovisuel public avec pour sentence "qu'il était grand temps de tourner la page d'une convention collective obsolète".
Le 30 novembre 2005, le Ministre de la Culture et de la Communication annonçait
officiellement la création de la chaîne française d'informations internationales
- désormais dénommée France 24 - dont le capital est détenu à parité par TF1
et France Télévisions.
La mise en place de France 24 met en danger
plusieurs sociétés, notamment, Radio France Internationale (RFI).
Le 8 décembre 2005, la nouvelle direction de France Télévisions décrétait l'abandon du plan "Horizon 2008" qui prévoyait le doublement des programmes régionaux. Ce qui amenait la CGT France 3 à rappeler avec force que "France 3 est une chaîne nationale qui a pour vocation première la diffusion de programmes régionaux ainsi que leur fabrication" et que "c'est ce qui en fait sa spécificité et qui fonde sa légitimité".
Au printemps 2006, réagissant aux conclusions du rapport de l'Inspection Générale des Finances qui entre autres suggère la suppression de 200 emplois pendant 5 ans à France 3, la CGT lançait une pétition "contre le démantèlement de France 3" et rendait public un "livre blanc" pour dénoncer la casse du secteur public de télévision et pour formuler un certain nombre de propositions concrètes sur le fnancement, les programmes et la stratégie de France 3 au sein du Groupe France Télévisions.
Le Contrat d'Objectifs et de Moyens (COM) de France Télévisions qui a été signé le 30 avril dernier avec l'Etat prévoit que la ressource publique progressera en moyenne de 3 % par an (c'est-à-dire bien en deçà des coûts de grille de la concurrence) de 2008 à 2010 (3,5 % en 2008 ; 2,9 % en 2009 et 2,6 % en 2010). Ce contrat d'objectifs sans les moyens financiers avait été rejeté par les comités d'entreprise du Réseau France Ouvre-mer -(RFO) et de France 2, puis par le Comité Central d'Entreprise (CCE) de France 3. Les syndicats - CGT en tête - y voient en effet le prélude à un vaste plan d'économies au détriment de l'emploi.
Quant à Fradio France le coût total de réhabilitation-reconstruction de la Maison de la Radio 240,9 m€ (308,9 m€ y compris le budget de fonctionnement sur la période de 2005-2013) qui n'est financé que très partiellement par l'Etat oblige la société à un fort autofinancemet une recherche accélérée de gains de productivité au détriment des salaires et des antennes.
La période qui s'est écoulée depuis le dernier congrès fédéral a été marquée par de nombreuses luttes et mobilisations en particulier sur l'emploi, les salaires, le service public, les conventions collectives ou la protection sociale dont l'assurance chômage des artistes et techniciens du spectacle vivant et enregistré, engagés par intermittence. Parmi celles-ci, il convient de rappeler :
L'assurance chômage des artistes et des techniciens du spectacle, du cinéma et de l'audiovisuel....
L'assurance chômage des artistes et techniciens du spectacle vivant et enregistré
engagés par intermittence a occupé une place centrale dans l'activité fédérale.
Les luttes et actions en tout genre se sont enchaînées durant ces 3 dernières
années.
Après avoir succédé à JJ Aillagon, rue de Valois le 31 mars 2004,
Renaud Donnedieu de Vabres a commandé 3 rapports.
Le premier "sur la redéfinition du champ des annexes 8 et 10" a été confié, le 5 mai 2004, à Jacques Charpillon - chef du service de l'inspection de l'administration des affaires culturelles - destiné à "mieux circonscrire le champ de ce qui relève des métiers du spectacle, du cinéma et de l'audiovisuel et d'en tirer les conséquences opérationnelles".
Le second à Michel Lagrave, le 6 mai, afin "d'expertiser très rapidement les conditions d'organisation, de financement et de fonctionnement d'un fonds spécifique à titre provisoire pour faire face aux nouvelles règles issues du protocole d'accord du 26 juin 2003".
Le troisième à Jean-Paul Guillot, le 16 juin - c'est-à-dire au lendemain des actions menées lors du Festival de Cannes - afin "d'aider l'ensemble des acteurs concernés à construire un système pérenne de financement de l'emploi" dans les secteurs du spectacle vivant et enregistré "et tout particulièrement du système d'indemnisation chômage des artistes et techniciens". Il est à noter que la décision de nommer un expert "indépendant" répondait en partie à une revendication dans ce sens élaboré par le Comité de suivi au parlement (voir plus loin).
Transmis à la fin du mois d'août 2004, le rapport Charpillon sur le périmètre des annexes 8 et 10 fera long feu. Partant d'une logique exclusivement comptable son auteur proposait en effet, ni plus ni moins, de basculer une partie importante des personnels techniques dans l'annexe 4.
Le rapport Lagrave, sur le fonds spécifique provisoire a été présenté au Conseil National des Professions du Spectacle le 7 juin 2004. Ce fonds - qui a été officiellement mis en place le 1er juillet - prolongeait la période de référence de 11 à 12 mois, en incluant dans les 507 heures les périodes de longues maladies.
Le rapport d'expertise de JP Guillot "pour une politique de l'emploi dans le spectacle vivant, le cinéma et l'audiovisuel" a été rendu public le 1er décembre 2004. Dans ce rapport, qui metttait en lumière l'importance des arts et de la culture dans l'économie française, il était souligné que la réforme de juin 2003 "ne répondra pas aux objectifs fixés par les signataires et, qu'en toute hypothèse, il ne réduira pas le déficit avancé par l'Unedic". De la sorte, son auteur appelait les partenaires sociaux signataires ou non à rouvrir des négociations pour parvenir à la mise en place d'un système pérenne et équitable.
A la même date, la mission d'information de l'Assemblée Nationale sur les métiers artistiques présidée par Dominique Paillé (UMP) se prononçait elle aussi pour la renégociation urgente de l'accord de juin 2003 et RDDV annonçait la mise en place d'un fonds transitoire 2005 destiné à rattraper tous les "recalés" du protocole de juin 2003.
Le 1er décembre encore, une réunion des "partenaires sociaux
se tenait au siège de l'Unedic dont l'un des points de l'ordre du jour avait
pour intitulé" suivi de "l'application du protocole du 26 juin
2003 relatif aux annexes 8 et 10". La CGT demandait la réouverture
des négociations. De leur côté, les signataires Medef et autres refusaient toute
renégociation avant l'échéance du 31 décembre 2005, autrement dit avant la fin
de la convention générale d'assurance chômage.
Peu avant, le 30 novembre
2004, le "Comité de suivi" - structure composée dePparlementaires
de toutes obédiences et d'organisations professionnelles, dont la fédération
CGT du Spectacle, la SRF, la CIP-IDF, l'U-FISC, Sud Culture et le SYNDEAC -
annonçait qu'à défaut de renégociation de l'accord de juin 2003, les parlementaires
présenteraient une proposition de loi (PPL) pour rétablir les 507 heures sur
12 mois avec une date anniversaire.
Constatant l'absence de toute perspective
de négociations au esin de l'Unedic, les parlementaires du "Comité de
suivi" annonçaient le 2 mars 2005 le dépôt de la proposition de loi
(PPL) à l'Assemblée Nationale et au Sénat.
Après avoir été reconduit le 2 juin au Ministère de la Culture et de la Communication,
RDDV chargeait JP Guillot d'une nouvelle mission pour "éclairer et nourrir
la négociation sur les annexes 8 et 10" qui devait avoir lieu avant
le 31 décembre 2005. Le même jour, à l'initiative de RDDV, une réunion patronat
- Confédérations se tenait rue de Valois. Une fois n'est pas coutume, le MEDEF-
tout comme la CFDT - refusait de prendre un quelconque engagement en faisant
état de la situation financière dramatique de l'Unedic. Le représentant du MEDEF
concédait du bout des lèvres qu'il était d'accord pour "un régime spécifique"
au sein de l'Unedic en prenant soin d'insister sur l'acquis que représentaient
les fonds 2004 et 2005 financés par l'Etat.
Une nouvelle réunion dans la
même composition avait lieu le 29 septembre au Ministère de la Culture. Alors
que le représentant du MEDEF M. Gautier - Sauvagnac était mis en difficulté
par l'exposé de JP Guillot, celle-ci était brutalement interrompue par l'intrusion
d'une cinquantaine de manifestants de la CIP-IDF(Coordination des Intermittents
et Précaires d'Ile de France), et le MEDEF a pu quitter les lieux en fuyant
ses responsabilités.
Une 3ème réunion des Centrales syndicales
et patronales eut lieu le 11 octobre sous l'égide de RDDV et de G. Larcher - Mministre délégué à l'emploi - au cours de laquelle le MEDEF et consorts ont
à nouveau refusé de s'engager sur un calendrier de négociations que la CGT réclamait
à nouveau.
Le 20 octobre 2005, JP Guillot remettait son rapport (le second) baptisé "analyses et propositions des partenaires sociaux du secteur sur l'emploi dans le spectacle" qui, selon nous, ne constituait ni une formule miracle ni une abomination mais un outil pour une négociation annoncée mais toujours pas entamée. S'agissant des annexes, il était préconisé le retour à une période de référence de 12 mois pour l'ouverture des droits, une indemnisation équitable pour tous garantissant un revenu de remplacement de non pas de complément.
Le 22 décembre, à l'issue d'une parodie de négociations, le patronat, la CFDT, la CFTC et la CGC s'accordaient sur un texte concernant le régime général d'assurance chômage moyennant l'aggravation des droits des chômeurs. A la même date, peu après 20 heures, le patronat (MEDEF, CGPME et l'UPA) et 2 confédérations (la CFDT et la CGC) signaient un accord prorogeant les annexes 8 et 10 - c'est-à-dire la réforme de 2003 - jusqu'à la conclusion d'un nouvel accord au sein de l'Unedic. Puis, à l'occasion de l'agrément de la convention générale d'assurance chômage qui fut accordée par le Gouvernement, les signataires (dont la CFDT) prirent soin d'intéger un article maintenant "les annexes 8 et 10 issues de l'accord du 26 juin 2003 jusqu'à la conclusion d'un nouvel accord".
Quatre réunions paritaires ont eu lieu sur les annexes cinéma, spectacle,
les 14 et 22 février 2006, puis le 8 mars et enfin le 18 avril, date à laquelle
le MEDEF a présenté une nouvelle version de protocole d'accord qui pour l'essentiel
conforte la réforme de la mi 2003.
Celui-ci était alors soumis à la signature
des confédérations moyennant un "délai de réflexion" d'un mois.
Le 5 mai, JP Guillot remettait au Gouvernement son 3ème rapport sur le dispositif "protocole du 18
avril 2006 - Fonds de professionnalisation et de solidarité".
Le 10 mai, dans une déclaration commune Confédération et Fédération CGT du
Spectacle, nous estimions après lecture de ce rapport "qu'au mépris
des conclusions des différents rapports parlementaires, le Gouvernement abdique
devant les exigences du MEDEF. En effet, la disposition centrale de juin 2003
est confirmée et confortée par la recherche des droits (sur 10 ou 10 1/2 selon
les annexes) et la durée d'indemnisation (243 jours).
Le retour à une date
anniversaire préfixe pour le réexamen des droits est purement et simplement
écarté sans la moindre explication et le moindre chiffrage...
Pour
"limiter les dégâts", il serait fait appel à la solidarité nationale
avec notamment, l'instauration d'une allocation de fin de droits "de
2 à 6 mois à raison de 30 Euros par jour en fonction de l'ancienneté",
et nous ajoutions : "bref, nous sommes bien en présence d'un rapport
de circonstances qui s'inscrit dans la perspective de la communication qui sera
faite par RDDV et Gérard Larcher aux membres du Conseil National des Professions
du Spectacle le 12 mai prochain".
Le 12 mai, les Ministres de la Culture et de l'emploi présentaient au CNPS
les 6 axes du "Fonds permanent de professionnalisation
et de solidarité" destiné à compléter le projet de protocole du 18 avril.
Le 31 mai, les Parlementaires du "Comité de
suivi" par la voix d'Etienne Pinte - Député Maire de Versailles - constatant l'absence
de toute signature du projet d'accord du 18 avril, déclarait
"il est temps maintenant de répondre à l'attente de tous les artistes et
techniciens, il faut que le Parlement prenne toutes ses responsabilités.
Nous
demandons à JL Debré - Président de l'Assemblée Nationale - qu'il inscrive à
l'ordre du jour la Proposition de Loi déposée et signée par 471 Parlementaires
dont 312 Députés représentant plus de la moitié des Députés".
Inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée Nationale le 12 octobre 2006, la
Proposition de Loi sur "la pérennisation du régime
d'assurance chômage des professions du spectacle, de l'audiovisuel et du cinéma
dans le cadre de la solidarité interprofessionnelle" issue des travaux du "Comité de suivi"
ne sera finalement pas soumise au vote des Députés.
Pour éviter son adoption (les Députés cosignataires de la PPL étaient alors
majoritaires dans l'hémicycle) le Président du Groupe UMP à l'Assemblée,
M. Bernard Acooyer, utilisera un artifice de procédure à savoir le quorum, ce
qu'il n'avait pas fait un peu plus tôt dans la matinée pour l'adoption d'une
autre loi.
Après 6 mois de tergiversions, la CFDT annonçait le 26 octobre qu'elle avait décidé de signer le protocole du 18 avril 2006 au motif que celui-ci aurait "amélioré sensiblement l'indemnisation et la proctection sociale des intermittents". Le même jour, la CFTC lui emboîtait le pas, la CGC renvoyant quant à elle sa décision lors de son congrès confédéral prévu du 6 au 8 décembre.
Le 8 décembre, à l'occasion du projet de loi de finances 2007 des crédits de la culture, le Sénat, sur propositon de Jacques Valade - UMP Gironde et Président de la Commission des Affaires Culturelles - adoptait un amendement afin de donner une existence légale au "Fonds de professionnalisation et de solidarité" et à "l'allocation de fin de droits".
Le 21 décembre, le Patronat, la CFDT, la CFTC et la CGC signaient en catimini le protocole du 18 avril 2006. La Confédération et la Fédération CGT constataient qu'il s'agit là "d'un accord minoritaire...alors qu'il y a moins d'un mois le Conseil Economique et Social avait adopté à une très large majorité un avis sur le dialogue social qui recommande l'expression majoritaire des salariés dans la conclusion d'un accord collectif".
La Fédération lançait alors une pétition "contre l'agrément du protocole d'accord du 18 avril 2006 modifiant les annexes 8 et 10, à l'attention de JL Borloo, Ministre de l'emploi, de la cohésion sociale et du logement" qui recueillera en 3 mois près de 25 000 signatures.
Le 2 mars 2007, une dernière réunion de pure forme a eu lieu au siège du MEDEF afin de rédiger les nouvelles annexes cinéma-spectacle modifiées par le protocole du 18 avril 2006 dans la perspective de la procédure d'agrément.
Le 19 mars, lors du Comité Supérieur de l'Emploi présidé par le Ministre délégué à l'emploi, seule la CGT s'opposera à l'agrément (FO ne le faisant donc pas).
L'agrément sera en définitive délivré par arrêté ministériel le 2 avril (Journal Officiel du 2 mai) pour une entrée en vigueur des annexes modifiées le même jour, ainsi que du "Fonds dit de professionnalisation et de solidarité" qui s'est substitué au Fonds transtoire. Financé par l'Etat, ce fonds comprend une allocation de professionnalisation et une allocation de fin de droits.
Au titre de l'année 2007, pour ceux qui n'ouvriront pas de droits à l'annexe 8 ou à l'annexe 10 mais qui auront effectué 507 heures ou l'équivalent cachets dans les 12 mois précédant la fin du dernier contrat de travail, il sera versé une allocation transitoire plafonnée à 45 Euros par jour durant 3 mois (le fonds transitoire permettait jusqu'à présent d'ouvrir 243 jours d'indemnisation et que l'allocation versée n'était pas plafonnée). Et à compter du 1er janvier 2008, il est créé une allocation de fin de droits qui varie en fonction de l'ancienneté dans les annexes 8 et 10 à savoir : "2 mois si vous avez moins de 5 ans d'ancienneté ; 3 mois, qui peuvent être versés jusqu'à 2 fois dans une période de 5 ans, si vous avez entre 5 et 10 d'ancienneté dès lors que vous avez bénéficié de l'Assedic entre 2 versements ; et 6 mois, qui peuvent être versés jusqu'à 3 fois si vous avez plus de 10 ans d'ancienneté, dès lors que vous avez bénéficié d'Assedic entre 2 versements".
Pourtant et comme nous le soulignons fin avril "sur le fond rien n'est
réglé, bien au contraire. La contestation ne s'arrêtera pas là et ce quel que
soit le prochain gouvernement".
En effet, depuis maientnant plus
de 3 ans et demi le protocole du 26 juin 2003 sur l'assurance chômage des artistes
et techniciens du spectacle, du cinéma et de l'audiovisuel est contesté par
l'immense majorité d'entre eux. Toutes les expertises et tous les observateurs
en ont convenu, cette réforme est inefficace, dispendieuse et inéquitable. Ces
conséquences désastreuses se font sentir un peu plus chaque jour. A titre d'exemple,
le fonds transitoire financé par l'Etat, mis en place à la mi 2004 sous l'effet
des luttes, a "repêché" plus de 45 000 salariés intermittents.
De
plus, les effets d'exclusion du régime, que nous dénonçons depuis 2003, se concrétisent
par des départs en masse de nos professions qui confirment une crise de l'emploi
sans précédent depuis des décennies.
Nous assistons, tout particulièrement
dans le secteur de la musique, à une déprofessionnalisation qui se traduit par
une montée des concurrences déloyales, du travail illégal, du travail au noir,
du travail non payé du développement de fausses pratiques amateurs, de faux
bénévolat artistique, du retour du "chapeau qui tourne".
C'est ainsi que le spectacle vivant est marqué par une augmentation sans précédent de la paupérisation, notamment des artistes. Jamais les collectivités territoiriales n'ont eu à faire face à autant de demandes de RMI.
La négociation collective a occupé une place centrale dans notre activité
en particulier avec l'annonce faite par Gérard Larcher - le Ministre délégué
à l'emploi - le 29 septembre 2005 sur la restructuration des champs conventionnels
des secteurs du spectacle vivant et enregistré (dont l'édition phonographique
et la mise en place de 9 Commissions Mixtes Paritaires (CMP). Trop souvent,
la négociation collective au sein des CMP s'est traduite par un recul des conditions
salariales et sociales, avec la signature de centrales syndicales minoritaires.
Il n'est pas inutile de rappeler les propos tenus fin septembre 2005 par le
Ministre de l'Emploi qui estimait alors que "ces
conventions et accords collectifs ne doivent pas être des coquilles vides..." et qui précisait que les éléments prioritaires sont en premier chef : les
conditions de recours au Contrat à Durée Déterminée d'Usage (CDDU) ; les modes
de transformations des CDD d'usage en CDI ; les salaires minima et ls conditions
de rémunération, afin de favoriser l'allongement de la durée moyenne des contrats
de travail ; le temps de travail, afin de mieux prendre en compte le temps de
travail effectif des salariés et les spécificités du secteur...
Très
concrètepment, il importera en priorité aux partenaires sociaux de traiter la
question fondamentale des champs du CDD d'usage. Son périmètre devra être défini
de façon précise et maîtrisée. La liste des cas de recours devra être réduite
par rapport à la situation actuelle et se limiter aux emplois pour lesquels
le recours à ce type de contrat est réellement justifié".
Dans ce contexte, il est à noter que, depuis 2003 et l'arrêt Sargos, la jurisprudence
a le plus souvent remis en cause les demandes de requalification de Contrat
à Durée Déterminée (CDD) en CDI. Qui plus est, le Ministre Larcher a menacé
de retirer les secteurs du spectacle, du cinéma et de l'audiovisuel du décret
précisant les champs où il est d'usage constat de recouvrir au CDD à la date
du 31 décembre 2006, si aucun accord n'était intervenu sur les conditions de
recours. Pour irréaliste qu'elle fut, cette menace avait eu le mérite de faire
pression sur les collèges employeurs ; aujourd'hui rassurés, c'est souvent l'ensemble
des "consignes" du Ministre, qu'ils oublient dans les CMP qui s'enlisent ou dérivent vers
de nouvelles listes de fonction allongées.
Ce d'autant plus que dans un contexte
de désengagement de l'Etat des financements et investissements publics dans
le spectacle vivant, l'audiovsiuel et la communication, le Gouvernement, les
Ministres du Travail, de la Culture et de la Communication, visaient également
à s'en dédouaner, en renvoyant dos à dos organisations d'employeurs et syndicats
de salariés pour résoudre par la seule négociation conventionnelle, l'ensemble
des questions d'emploi, de salaire, de précarité et de protection sociale.
Où en sommes-nous fin mai 2007 ?
Pour ce qui concerne l'emploi et la formation, et au-delà de notre forte implication au sein de l'AFDAS, le dispositif complet de la Commission Paritaire Nationale pour l'Emploi et la Formation (CPNEF) que nous n'avions pu obtenir en 1992 a abouti :
- La mise en place de la Commission Paritaire Nationale Emploi Formation de l'Audiovisuel (CPNEF-AV) a généré une intense négociation collective (protocole d'accord constitutif, sur l'observatoire prospectif des métiers et des qualifications de l'audiovisuel, le financement de la formation professionnelle, du paritarisme etc.) menée de front entre la Fédération et des syndicats .
- La Commission Paritaire Nationale Emploi Formation du Spectacle Vivant (CPNEF-SV), mise en place il y a 15 ans n'a eu qu'à créer par un seul accord collectif son observatoire prospectif des métiers.
Les deux observatoires, pilotés par les CPNEF, ont été confiés au Fonds d'Assurance Formation du Spectacle (AFDAS) dans leur dimension opérationnelle.
- La récente CPNEF des éditions phonographiques a été créée en mai 2007.
Par contre, la transposition de la loi Fillon dans notre champ a conduit à négocier
:
- dans le champ de l'audiovisuel, des accords pour les salariés permanents
sur les contrats de professionnalisation (que nous avons signés), sur les périodes
de professionnalisation et le droit individuel à la formation entre décembre
2004 et avril 2005.
- dans le champ du spectacle vivant, un seul accord collectif
complet "sur la formation continue tout au long de la vie" le
2 février 2005 que nous avons signé ;
- pour les salariés intermittents,
après avoir signé un protocole sur le financement de la formation professionnelle,
nous avons négocié et signé un accord interbranche sur le Droit Individuel à
la Formation (DIF) en janvier 2006.
Afin de rapprocher les droits des salariés en CDD de droit commun de ceux
des salariés en CDD d'usage en matière de DIF, la CPNEF-AV sous notre impulsion
a confié à son Observatoire une étude qui a servi à relancer la négociation
collective sur le DIF concernant les salariés sous CDD de droit commun.
Par
ailleurs, au sein de la CPNEF-AV, la Fédération et ses syndicats ont impulsé
de nombreux travaux et études aussi bien en plénière et au bureau que dans les
sections : parmi ceux-ci, nous pouvons citer le répertoire des métiers de l'audiovisuel,
les statistiques sur la formation et des entreprises de l'audiovisuel, etc
Enfin,
ella a transmis à l'AFDAS une liste de formations prioritaires dans le cadre
du DIF.
Pour sa part, la CPNEF-SV, qui avait, dans l'intérêt de la fiabilité des statisques
sur l'emploi, établi deux harmonisations des nomenclatures et des activités,
s'est employé à les "implémenter" dans les caisses sociales, l'Agence Nationale pour l'Emploi (ANPE), l'Association
pour l'Emploi dans l'Industrie et le Commerce (ASSEDIC), l'AFDAS..et jusque
dans les documents CERFA alimentant le logiciel de gestion des licences d'entrepreneurs
de spectacle vivant (ATALIE), répertoire national du MCC, dans la relance duquel
la Fédération et ses syndicats se sont fortement impliqués. Il faut ici souligner
que ce logiciel est certes un outil de contrôle à la disposition des Unions
Régionales Fédérales (URF) voire des militants.
Elle a élaoré, par son observatoire,
un répertoire des formations certifiantes et qualifiantes de + de 400 heures.
Elle a lancé deux études (aboutissement fin 2007) en cofinancement avec la Direction Générale à l'Emploi et à la Formation Professionnelle, DGEFP et le MCC, sur les formations et les publics prioritaires d'une part et sur la sécurisation des parcours professionnels d'autre part. Elle vient d'initier une étude sur un guide des Métiers.
Enfin les deux CPNEF ont :
- chacune, pour sa part, émis des avis sur l'inscription
de formations au RNCP ;
- participé ensemble à l'élaboration de COEF, l'un
d'ores et déjà finalisé et signé le 5 février 2007 en Rhônes Alpes, un autre
s'initiant en PACA.
Propriété littéraire et artistique...
Après des débats forts mouvementés, la loi visant à transposer la directive
européenne "droit d'auteur et droits voisins dans
la société de l'information" (DADVSI) a été finalement adoptée le 1er août 2006. Le Comité Fédéral
National des 6 et 7 mars 2006 a, dans une déclaration, ayant pour intitulé "des
offres légales pour une démocratie culturelle" rappelé que "les
auteurs et les artistes interprètes revendiquent de vivre de leur travail, de son
exploitation et de ses réutilisations" et réaffirmé notre opposition
à la licence globale.
Forts de cette décision, le Syndicat Français des Artistes-Interprètes
(SFA), le Syndicat National des Artistes Musiciens (SNAM), le Syndicat Français
des Réalisateurs (SFR), et le Syndicat National des Auteurs et Compositeurs
(SNAC) ont contribué à rédiger avec le Syndicat National des Journalistes (SNJ)
CGT, la Fédération des travailleurs des industries du livre, du papier et de
la communication (FILPAC) et l'Association pour l'information et la défense
des Consommateurs Salariés (INDECOSA), une déclaration confédérale allant dans
le même sens.
Les débats riches ont eu lieu entre nos organisations mais
un consensus n'a pas pu se dégager avec le SNAP qui trouve que la licence globale
serait une solution appropriée à l'explosion d'échange de fichiers sur Internet.
Les
rappports entre le SFA et le SNAM et les Sociétés de Perception et de Répartition
des Droits d'Auteurs et Droits Voisins d'artistes interprètes (SPRD) [(l'Administration
des Droits des Artistes et Musiciens (ADAMI) et la Société de Perception et
de Distribution des Droits des Artistes-Interprètes de la Musique et de la Danse
(SPEDIDAM)] ont été trop souvent conflictuels. Les statuts des deux sociétés
civiles précisent qu'elles défendent les intérêts moraux et matériels des artistes
interprètes. Les sociétés de gestion ont donc tendance à considérer qu'elles
sont seules compétentes pour négocier les droits de propriété intellectuelle
des artistes interprètes. Une entente sur ce sujet semble commencer à se dessiner
avec l'ADAMI, mais la SPEDIDAM persiste à vouloir entretenir la confusion sur
les rôles respectifs des sociétés et des syndicats.
Cette tension entre sociétés
civiles et syndicats, qui n'est pas propre à la France persiste.
Néanmoins
nos syndicats continuent à travailler fructueusement avec l'ADAMI.
Nos syndicats
ont notamment oeuvré avec cette société pour élaborer une plate forme commune
en défense de la rémunération de l'exception pour copie privée, actuellement
menacée au niveau européen
Le SFA et le SNAM, à travers leurs organisations
internationales, interviennent à l'organisation mondiale de la propriété intellectuelle,
afin d'améliorer la situation des artistes interprètes, dans le domaine audiovisuel
et concernant la durée de leurs droits.
Il convient de mentionner l'initiative
du Syndicat National des Auteurs et des Compositeurs (SNAC) du 27 novembre 2006
qui pour ses 60 ans a organisé un colloque sur "l'auteur du 21ème
siècle", qui s'est achevé par une résolution signée par une quizaine
d'organisations professionnelles représentant plus de 100 000 auteurs ayant
pour titre "les auteurs demandent".
A la différence d'autres Ministères, le Ministre de la Culture n'avait
pas de Commission Paritaire Consultative (CPC), le décret de sa création est
paru, nos organisations y sont représentées, et sa séance inaugurale s'est tenue
le 31 mai 2007.
Actuellement les diplômes artistiques sont des diplômes d'établissement,
ce ne sont pas des diplômes nationaux. De ce fait l'échange d'étudiants entre
établissements français et encore plus étrangers est impossible. Pour remédier
à ce vide, il fallait mettre en adéquation les diplômes artistiques avec ceux
de l'université moyennant une collaboration avec elle dans le cadre de ses propres
enseignements. Le Ministère de la Culture vient de créer le Diplôme National
d'Orientation Professionnelle (DNOP). Le diplôme National Supérieur est actuellement
en discussions.
Depuis le changement de majorité en 2002, la réforme du régime
spécifique d'assurance chômage des salariés intermittents de 2003, des mouvements
se sont créés pour la défense de l'éducation artistique à l'école.
Si nous
revendiquons l'inscription dans le cursus scolaire de l'éducation des arts et
de la culture, nous nous inquiétons des dérives qui amènent ces organisations
à revendiquer le contrat unique qui fait du cachet artistique le seul mode de
rémunération quelle que soit l'activité : de spectacle, d'enseignement, d'animation,
de relation publique.
Cette posture s'attaque très clairement aux cadres
d'emploi, aux conventions collectives, à la reconnaissance des métiers et des
qualifications et fragilise encore plus la présomption de salariat.
Ces risques
sont aujourd'hui renforcés par la parution des décrets en mai 2007 sur le cumul
d'emploi qui tendent à limiter drastiquement voire rendre illégale l'activité
artistique des enseignants de la musique, de la danse, du chant, du théâtre
et des arts plastiques, titulaires ou non et relevant de cadres d'emploi.
Notre activité sur les questions européennes et internationales...
Suite au 33ème congrès
fédéral, la branche "International" a poursuivi son activité
et l'a même amplifié compte-tenu de la densité des évènements sur la période.
C'est
ainsi que nous avons participé activement aux débats autours du Traité constitutionnel
européen à partir de textes d'analyse de ce projet qui, dès l'automne 2004,
en pointaient les dangers pour les droits sociaux et culturels de tous.
Par une motion lors de la CE du 27 septembre 2004 qui lançait un débat dans
la Fédération, puis par une autre motion votée à l'unanimité lors du CFN des
29 et 30 novembre 2004, nous avons clairement pris position contre l'adoption
du Traité à l'occasion du référendum du 29 mai 2005. La Commission Exécutive
Fédérale du 30 mai 2004 signalait que "la Fédération et ses syndicats
n'ont pas ménagé leurs efforts pour faire triompher le rejet du Traité constitutionnel
européen et l'appropriation des enjeux culturels européens " et précisait
que "notre "non" est résolument européent".
Au-delà du Traité constitutionnel européen, nous avons poursuivi notre action au niveau de l'Europe par une participation active aux instances syndicales européennes [le Gouvernement Régional Européen de la Fédération Internationale des Acteurs (EUROFIA), la nouvelle EUROFIM (Fédération Internationale des Musiciens), EUROMEI (Media Entertainment International)] : participation du SFA au congrès de la Fédération Internationale des Acteurs (FIA) à Budapest en septembre 2004, du Syndicat National des Professionnels du Spectacle et des Activités Culturelles (SYNPTAC), Syndicat National de Radio-Télévision (SNRT), Syndicat National des Techniciens et Réalisateurs (SNTR) et SFR à l'assemblée générale d'Euro-Mei à Budapest fin mai 2005 où nous avons fait adopter 4 résolutions sur le service public de l'auviovisuel, la diversité culturelle, la directive "Services" et le statut des travailleurs du spectacle et de la culture en Europe.
Nous avons suivi les travaux du Comité de dialogue social "Audiovisuel" et "Spectacle Vivant" mis en place sous l'égide de la Commission Eruopéenne et auxquels participent les syndicats concernés. C'est ainsi que le SFA, le SNAM et le SYNPTAC (au sein de l'EUROFIA, EUFORIM et EUROMEI) après un travail de formation et de jumelage avec les autres pays nouvellement entrés dans l'UE, poursuivent leur action pour le développement du dialogue social dans le spectacle vivant en Roumanie et en Bulgarie. Depuis 2005 nous avons progressé dans le travail de coordination au sein d'Euro-Uni Mei (UNI-Media Entertainment Internatinoal) par des rencontres avec les différents syndicats français membres de cette instance afin de préparer les réunions statutaires. Dès la fin 2004, nous avons été à l'orgine d'une analyse critique sur les effets de la future directive "Bolkestein" par un travail en commun avec EUFORIM, EUROFIA et EUROMEI qui a abouti à un texte "EAEA" (Alliance Européenne des Arts du Spectacle) transmis aux députés européens et à la Commission européenne. Cette analyse a participé à la mobilisation contre cette directive qui a culminé avec les manifestations des 11 et 14 février 2006 à Strasbourg auxquelles nous avons participé. La directive a certes été adoptée mais son contenu apparaît moins dangereux que dans sa mouture initiale. Nous devons cependant rester vigilants sur ses effets car de nombreuses zones d'ombre subsistent et le spectacle vivant reste dans le champ d'application de la directive, ce qui constitue toujours une menace.
L'activité législative de l'Union Européenne a été dense dans la période écoulée.
La Commission européenne a présenté une proposition de révision de la Directive
"Télévision sans frontières" en décembre 2005. Nous sommes intervenus en proposant de nombreux amendements
suite à un travail collectif, communiqués au Parlement européen et à la Commission
européenne. Le 13 décembre 2006, le Parlement européen a adopté en première
lecture une nouvelle version de la directive reprise pour l'essentiel par le
Conseil des Ministres de la Culture le 24 mai 2007 : si l'ont peut se réjouir
de l'inclusion des services non linéaires dans le champ d'application, les règles
prévues qui leur sont applicables sont minimales, la publicité s'accroît et
le placement de produits est légalisé. Enfin, nous avons largement contribué
à alimenter la réflexion autour du Livre Vert de la Commission européenne sur
les évolutions du marché du travail et la fléxicurité en produisant uen réponse
collective aux principales questions posées par la Commission eurpéenne.
Au
plan international, nous avons pu contribuer aux instances de la Fédération
Internationale des Musiciens (FIM), de la FIA et d'UNIMEI, en particulier au
congrès d'UNI (Union Network International) à Chicago en août 2005 en proposant
des amendements dans le cadre des réunions des différentes Fédérations de la
CGT concernées sous l'égide de la Confédération. Nous avons soutenu et accompagné
le processus d'unification du syndicalisme mondial, en particulier en participant
le 23 avril 2006 à la veille du congrès confédéral à une réunion regroupant
CISL, CMT, syndicats indépendants issus de tous les continents qui a préfigué
l'avènement de la Confédération Syndicale Internationale (CSI) en novembre 2006.
Enfin, nous avons poursuivi et intensifié notre action dans
le cadre de la coalition française pour la diversité culturelle pour l'émergence
d'une Convention internationale sur la diversité culturelle. A cet effet, nous
avons participé à la création de la coalition italienne en juin 2005 à Rome,
étions présents à l'Organisation des Nations unies pour l'Education, la Science
et la Culture (UNESCO) en octobre 2005 lors du vote de la Convention. Nous avons
participé à plusieurs missions au Vietnam et en Thaïlande en 2005 et 2007, dans
le cadre de la coalition française afin de contribuer à l'émergence de coalitions
dans une région où seule existe une coalition coréenne, participé à une conférence
au Maroc en novembre 2005 et représenté la coalition française lors de la réunion
des coalitions africaines au Togo en septembre 2006. Nous avons tissé des liens
étroits avec la coalition coréenne pour la diversité culturelle lors de la rencontre
des coalitions à Séoul en juin 2004, puis soutenu nos amis coréens lors du festival
de Cannes en mai 2006 pour la défense des "quotas écrans" et
lors du festival de Pusan en octobre 2006.
Nous avons agi pour que le mouvement
des coalitions se structure en Fédération internationale des coalitions, y compris
par notre présence à Montréal en mars 2007, et poursuivons notre action pour
que la Convention UNESCO ratifiée puis entrée en vigueur en mars 2007 produise
des effets concrets, en particulier lors de la première conférence des Etats.
Les élections professionnelles qui ont eu lieu dans nos différents secteurs d'activité ont confirmé la préémincence de nos organisations comme en attestent les résultats suivants :
Il faut également faire état, même s'il ne s'agit pas d'élections professionnelles, le renouvellement des commissions régionales d'attribution des licences d'entrepreneurs de spectacles qui constitue un indicateur de représentativité syndicale dans le champ du spectacle vivant difficilement contournable. Dans le collège "personnels artistiques et techniques" et dans les 18 commissions qui ont fait l'objet d'un renouvellement en 2006, nos syndicats disposent de 61 représentants contre 19 pour la CGC, 10 pour la CFDT et 9 pour FO. Il convient de souligner que nous sommes les seuls à avoir des représentants dans chacune d'entre elles et ce sans aucun doublon.
Nos forces organisées, nos instances et notre communication....
Depuis 2002 - dernier exercice clos sur la base duquel s'était réuni le précédant congrès fédéral - nos forces organisées ont évolué de la façon suivante : + 109 Fonds National Interprofessionnel (FNI) et + 2721 cotisations en 2003 ; -312 FNI et -1240 cotisations en 2004 par rapport à 2003 clos ; -128 FNI et + 1518 cotisations en 2005 par rapport à 2004 clos.
Globalement, sur la période 2002 - 2005, nous avons connu un recul de 340 FNI et une progression de 2999 cotisations. Il convient de noter que s'agissant du placement du matériel syndical et de son règlement à la Fédération, le Comité Fédéral National des 2 9 et 30 novembre 2004 a, sur proposition de la commission financière et de contrôle, adopté les 2 dispositions suivantes : la connaissance par la Fédération du matériel, placé par les syndicats, au 14ème mois de l'exercice annuel et le règlement des cotisations au plus tard le 18ème mois.
Les instances fédérales élues se sont régulièrement réunies.
La Commission Exécutive Fédérale s'est tenue à 3 reprises en 2004 (9 avril, 24 mai et 27 septembre), 4 fois en 2005 (31 janvier, 14 mars, 30 mai et 19 septembre), 2 fois en 2006 (15 mai et 16 octobre) et à 3 reprises aujourd'hui en 2007 (19 février, 25 avril et 19 juin). La participation aux travaux de la CE a été honorable (mais en recul par rapport au précédent congrès) avec 55 % de présences effectives en 2004 (79 % avec les pouvoirs à, 47 % en 2005 (64 % avec les pouvoirsà), 49 % en 2006 (61 % avec les pouvoirs).
Il n'en a pas été de même pour le Bureau Fédéral, qui composé de 15 membres, a été mis en place lors de la Commission Exécutive Fédérale du 9 avril 2004.
En moyenne, la participation du bureau a évolué comme suit : 57 % en 2004, 50 % durant le 1er semestre 2005, 44 % durant le 2ème semestre 2005, 46 % au cours du 1er semestre 2006 et 51 % durant la seconde moitié de 2006.
Au-delà, la CE Fédérale du 9 avril 2004 avait retenu la mise en place des 9 commissions suivantes : emploi-formation, protection sociale, international, vie syndicale, branche "audiovisuel", propriété littéraire et artistique, enseignements artistiques, musique et action culturelle. Là encore, le bilan n'est pas brillant puisque plusieurs d'entres elles ne se sont pas même réunies.
Le Comité Fédéral National s'est, quant à lui, réuni à 4 reprises les 29 et 30 novembre 2004, les 6 et 7 mars 2006, les 4 et 5 décembre 2006 et le 18 juin 2007.
Notre publication statutaire "Spectacle - Culture et Communication" a fait l'objet de 6 parutions en 2004, dont un supplément sur les élections dans les caisses de retraites complémentaires du groupe Audiens, ainsi que l'édition du document d'orientations adopté à Balaruc-les-Bains ; de 6 numéros en 2005 ; de 8 en 2006 dont 2 suppléments pour des journées d'actions sur les annexes 8 et 10 ; et jusqu'à présent de 3 numéros en 2007. A cela s'ajoute la réédition - la sixième - en décembre 2004, du guide pratique des droits des salariés intermittents du spectacle, du cinéma et de l'audiovisuel.
Nous avons aussi été amenés, en mai 2006, à procéder à la restructuration de l'équipe permanente (suppression du mi temps de Gilles Grall et d'un poste de secrétariat administratif) pour faire face à la dégradation financière de la Fédération sachant que nous avons depuis lors bénéficié de la mise à disposition de Patrick Jardin.
Le nouveau système de répartition de la cotisation syndicale a été adopté par le 48ème congrès confédéral avec 64 % des voix des syndicats. Celui-ci, a pris effet officiellement depuis le 1er janvier 2007. Le nouveau système repose sur les 3 principes suivants :
Depuis lors, le CCN des 30 et 31 janvier 2007 a adopté les 2 dispositions suivantes :
Plusieurs réunions (dont le CFN des 4 et 5 décembre 2006 qui a adopté à titre convervatoire 2 résolutions) ont eu lieu à ce sujet avec les responsables à la politique financière des syndicats et avec l'administrateur de la CGT sans que nous ayons à ce jour trouvé une solution satisfaisante et opérationnelle. En matière de formation syndicale, nous avons initié un stage Prudis en avril 2004, un stage de niveau 2 sur 2 semaines en janvier et mars 2006, un stage spécialisé "négocation collective" en février 2006, et un stage "commissions de licences d'entrepreneurs de spectacles" en janvier 2007.
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